L'amant - Détail

Les peintures de Claude Gazier sont des fenêtres ouvertes vers de délicieuses et in nies rêveries, et il est permis de s’interroger sur la nature de leur mystérieux pouvoir de fascination ou d’envoûtement. On pense alors que le sentiment ressenti est peut être de l’ordre de cette nostalgie que peuvent en effet déclencher ces visages de héros du cinéma de notre enfance ou ces « arrêts-sur-images » extraits de films anciens devenus aujourd’hui mythiques.

Mais l’on découvre bien vite que le mystère de ces peintures, leur vérité intérieure et ce qui nous touche - au fond -, se situe bien au-delà de ce sentiment lié au souvenir d’un passé heureux. L’on comprend qu’ici, le peintre procède à cette vraie mise en forme, qui permet de dépasser la représentation, la citation, l’anecdote narrative et la référence gurée. On assiste bien, dans la peinture de Claude Gazier ; à ce processus de transcendance du rapport à l’image empruntée au cinéma, de sublimation de l’émotion initiale, qui devient alors LE matériau de la peinture. Et cette mise à distance du sujet, devient le propos même de l’acte de création : une distanciation qui est celle de la mise en beauté ou de la mise en poésie, et qui paradoxalement est également appropriation et incarnation.

Pierre Souchaud, 2012.

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